Dans la province du Nord-Ubangi, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de détournement présumé des frais de fonctionnement destinés aux divisions provinciales des services publics.
Selon les informations recueillies, le gouvernement de la République démocratique du Congo avait débloqué, au cours de l’année 2025, une enveloppe financière destinée à assurer le fonctionnement des différentes divisions provinciales sur l’ensemble du territoire national.
Pour le seul Nord-Ubangi, un montant dépassant 100 millions de francs congolais aurait été effectivement transféré et crédité sur le compte de l’ordonnateur délégué provincial à la banque Afriland First Bank à Gbadolite.
Cependant, d’après plusieurs sources concordantes, ces fonds auraient été renvoyés à Kinshasa quelques jours seulement après leur arrivée, sans être mis à la disposition des services bénéficiaires.
Plus de trois mois après ce transfert, aucune suite favorable n’a été enregistrée, alimentant de nombreuses interrogations et soupçons au sein de la population et de la société civile.
Dans un communiqué référencé n°002/LSG/01/2026, signé ce mardi 27 janvier 2026 et consulté par Focus Actualité, la LUCHA/Gbadolite se dit profondément préoccupée par cette situation.
Le mouvement affirme que les fonds, après avoir transité par la banque Afriland de Gbadolite, auraient été redirigés vers la Banque Centrale du Congo (BCC), avant de prendre « d’autres destinations, au détriment du Nord-Ubangi ».
Pour la LUCHA, cette situation ne constitue pas un cas isolé. Le mouvement évoque une pratique qu’il qualifie d’ancienne, systématique et profondément enracinée.
Selon ses termes, tout financement destiné à la province serait désormais conditionné au versement de pots-de-vin, une réalité jugée incompatible avec l’État de droit prôné par le Président de la République.
Le mouvement rappelle, à cet effet, les engagements répétés du Chef de l’État à lutter contre le phénomène communément appelé « code 32 », une pratique de corruption dont le Nord-Ubangi serait particulièrement victime.
Malgré ces engagements, la LUCHA estime que ces antivaleurs continuent de plonger la province dans un chaos administratif, économique et social.
Face à ce qu’elle considère comme une situation grave, la LUCHA/Gbadolite formule plusieurs exigences. Elle dénonce avec fermeté ces pratiques jugées contraires à la bonne gouvernance, interpelle le Gouverneur de province ainsi que les députés nationaux, provinciaux et les sénateurs du Nord-Ubangi, afin qu’ils s’impliquent activement pour que ces fonds soient restitués à leurs destinataires légitimes.
Le mouvement sollicite également l’intervention personnelle du Président de la République, en sa qualité de garant du bon fonctionnement des institutions, afin que toute la lumière soit faite sur ce dossier et qu’une solution urgente et durable soit trouvée.
Il exige enfin la libération immédiate, totale et inconditionnelle de ces fonds au profit des services publics du Nord-Ubangi, privés depuis plusieurs années de tout frais de fonctionnement.
Par ailleurs, lors d’une émission diffusée sur Radio Le Bouclier à Gbadolite, le Chef de division provinciale des Finances du Nord-Ubangi aurait indiqué que le blocage serait intervenu au niveau de la Banque Centrale du Congo, précisément au sein du service dénommé « Obama », où un agent intérimaire exigerait le versement de pots-de-vin avant tout déblocage des fonds.
Fidèle à son engagement citoyen, la LUCHA avertit qu’elle se réserve le droit d’entreprendre des actions citoyennes pacifiques afin d’exiger le respect de la volonté populaire et la transparence dans la gestion des finances publiques.
Michel Mpanzu Tene

