Une pirogue motorisée transportant plus de 300 civils a fait naufrage dans la nuit du vendredi au samedi 13 décembre 2025 sur le lac Tanganyika, à hauteur de l’îlot de Bulumba, dans la localité de Mboko, territoire de Fizi, au Sud-Kivu.
Selon plusieurs témoignages concordants, l’embarcation, manifestement surchargée, tentait de rallier le Burundi après la chute de la ville d’Uvira, passée sous le contrôle de l’AFC/M23 appuyé par l’armée rwandaise. La traversée s’effectuait de nuit, dans des conditions jugées particulièrement dangereuses.
D’après des sources locales relayées par Ubuntu Congo Media, un média communautaire basé dans la zone, plus d’une vingtaine de corps ont déjà été repêchés, essentiellement des femmes et des enfants. Des survivants évoquent une violente tempête survenue en pleine nuit, qui aurait provoqué le chavirement brutal de l’embarcation.
Dès les premières heures de la matinée, les autorités locales, appuyées par des volontaires, ont lancé des opérations de recherche et de sauvetage. Toutefois, le manque criant de moyens logistiques complique les interventions, et les équipes peinent à couvrir l’ensemble de la zone du naufrage.
Les images de la pirogue en notre possession montrent que de nombreux passagers ne portaient pas de gilets de sauvetage. Une situation récurrente sur les voies lacustres congolaises, où les embarcations vétustes et surchargées constituent souvent le seul moyen de déplacement pour les populations civiles.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités compétentes sur le bilan exact de ce drame. Les recherches se poursuivent, tandis que la société civile locale interpelle les décideurs sur l’urgence de renforcer la sécurité du transport lacustre, un problème récurrent qui endeuille régulièrement des familles dans la région.
Le lac Tanganyika, partagé entre la RDC, le Burundi, la Tanzanie et la Zambie, est fréquemment le théâtre de tragédies similaires. En 2024 déjà, un naufrage au large d’Uvira avait coûté la vie à plus de 80 personnes.
À Mboko, les opérations de repêchage se poursuivent, alors que le nombre exact de disparus reste difficile à établir. Le gouvernement provincial du Sud-Kivu appelle à la prudence et annonce l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les causes exactes de ce naufrage.
Rodrigue Kolaba Koto

