Kinshasa, 2 décembre 2025 depuis quelques jours, une rumeur affirmant qu’une enseignante aurait agressé sexuellement un élève dans un établissement scolaire de la capitale, circule à grand pas sur les réseaux sociaux.
Relayée par des influenceurs Congolais, des pages anonymes et certains journalistes amateurs sur Whats App, elle a pris l’allure d’un scandale national.
Pourtant, après une vérification rigoureuse, il s’agit bien d’une fake news importée depuis l’étranger et totalement décontextualisée.
Conformément aux 5W du journalisme, fondamentaux de l'écriture professionnelle who, what, when, where, why , l’équipe de Focus Actualité a constaté qu' aucune de cinq questions essentielles ne trouve une réponse vérifiable.
Aucun nom de l’enseignante n’a été révélé, aucun élève n’a été identifié, aucun établissement n’a été mentionné, aucune date précise n’a été confirmée, aucun mobile n’a été expliqué, aucun document officiel enfin, n’a été publié.
« Aucune donnée ne permet de confirmer que les faits allégués se sont produits sur le territoire de la République Démocratique du Congo. L’histoire semble avoir été étoffée exclusivement pour susciter l’émotion, la peur et le partage viral », conclut le rapport interne de vérification.
Les visuels diffusés font l'objet de doute. Les inscriptions sont intégralement en anglais, alors que dans un contexte congolais, les documents scolaires et administratifs sont en français ou dans les langues nationales.
Aucun logo, uniforme, bâtiment ou symbole ne renvoie à Kinshasa ou à la RDC. Les influenceurs à l’origine de la diffusion n’ont publié que des images, non de vidéos, ce qui accentue le caractère manipulé du contenu.
« Notre analyse est probable, cohérente et pertinente : l’absence de preuves institutionnelles et la localisation douteuse des visuels suffisent à démontrer qu’il s’agit d’une manipulation virale », confirme un analyste de média contacté par Focus Actualité.
Après les investigations approfondies, la rédaction a identifié la véritable source du contenu, publiée sur un compte X (ancien Twitter) le 25 novembre 2025. Le post n’a jamais mentionné la RDC.
Le récit original indiquait explicitement que la scène se déroulait en Afrique du Sud et selon plusieurs fact-checkers régionaux, elle pourrait même être totalement inventée:
Le buzz circule vite, les images sont souvent sorties de leur contexte, explique un expert sud-africain en désinformation, les influenceurs créent des scandales sans preuves, uniquement pour générer du trafic », affirmation de votre Rédaction
Cependant les influenceurs ont la parfaite connaissance de qui, ils ont affaire :
La population réagit rapidement aux affaires à connotation sexuelle, ce qui en fait des vecteurs idéaux pour les fake news », souligne votre Média
Aucune institution congolaise n’a confirmé la moindre implication locale. Ni la Police Nationale Congolaise, ni le ministère de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDUC-NC), ni les parquets de Kinshasa n’ont enregistré une plainte ou une procédure liée à cette affaire.
« Une information sans sources n’est pas une information. C’est un faux bruit destiné à manipuler l’émotion collective », rappelle un juriste spécialisé en droit de la presse.
Cette désinformation, reproduite sans vérification par plusieurs influenceurs congolais et quelques “journalistes sur Whats App”, démontre l’importance de maintenir une rigueur professionnelle dans la collecte et la diffusion de l’information.
Le rôle des médias sérieux reste essentiel pour éviter que la population ne devienne victime de manipulations émotionnelles orchestrées pour le buzz.
En conclusion, Focus Actualité rappelle que la vérification minutieuse, l’usage de 5W, le respect des documents légaux de la rédaction et la collaboration avec les sources institutionnelles demeurent les principaux remparts contre la prolifération des fake news en RDC.
Cette affaire doit servir de leçon pour renforcer la vigilance citoyenne face à l’infodémie numérique qui touche l’ensemble du continent africain.
Abdoul Madjid Koyakele

