La rivière Mombonga est une cour d'eau qui traverse la quasi totalité de la ville. Suite aux pluies qui s'abattent ces derniers jours sur la ville de GEMENA, cette rivière a débordé son lit à tel enseigne que la traversée devient un casse-tête !
Des élèves, enseignants, les passants et bien d'autres se font baptiser sans conviction. Ils tombent dans l'eau et perdent leurs biens.
Des femmes ménagères connues sous le nom Tilikpongbo qui empruntent ce tronçon en quête de leurs articles de vente (arachides, maïs, Cossette de manioc...), se voient leurs biens emportés par le courant d'eau aussitôt qu'elles s'y tombent.
"A quelque chose le malheur est bon", dit-on. Les jeunes désœuvrés s'en sont créés directement de l'emploi. Ceux-ci se servent de leurs dos pour transporter tous ceux qui veulent traverser pour aller au travail moyennant un cinq cents francs congolais (500 FC).
Retrouvés sur le lieu, l'un de ces jeunes nous a exprimé sa satisfaction :
" Je suis ici à cause de ce travail : chaque matin je viens transporter les élèves et tous ceux qui veulent traverser pour aller au travail, surtout s'ils sont bien vêtus, ils ne veulent pas se déchausser, ils trouvent bon d'être transportés au dos en vue de donner seulement 500 FC. Ceci m'aide à avoir quelque chose à manger à la maison. Bon ! De fois je gagne 10 000 FC ou plus ! Cela dépend du courage d'autrui."
Et de poursuivre : " nous le faisons à deux temps : le matin, lorsque les gens vont au travail et les élèves à l'école, et à midi, lorsqu'ils commencent à rentrer ".
Indignés de toutes les dépenses qu'ils font indépendamment de leur volonté, certains passants s'interrogent si les autorités compétentes sont au courant de la dégradation de cette route en pleine ville. Ou carrément elles (les autorités) le savent, mais font fi.
"Monsieur le journaliste, nous ne savons pas, si les autorités de cette ville le savent. Une route très délabrée comme ça, et elles ne font rien ? Regarde, je suis tombé dans l'eau avec ma moto...", a déclaré un passant indigné, et dans une tenue toute mouillée.
Une chose est certaine, avec la précarité vitale que traverse la population de cette partie de la République Démocratique du Congo, lorsqu'on y ajoute encore la dégradation de voirie, c'est une façon de la laisser croupir dans la misère.
Focus actualité interpelle les autorités compétentes à prendre leur responsabilité en main.
Souleymane NVENIMBI

