Kinshasa, 26 novembre 2025 la République démocratique du Congo hausse le ton sur la scène internationale.
Dans une interview accordée à Sky News, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a appelé Londres et l’ensemble des partenaires internationaux à imposer des sanctions strictes et ciblées contre les dirigeants rwandais, les accusant de soutenir une guerre « pensée, financée et exécutée » contre la RDC.
Selon la ministre, la communauté internationale ne peut plus ignorer les preuves documentées par les Nations unies établissant un lien direct entre les Forces de défense du Rwanda et les rebelles du M23 qui occupent plusieurs zones de l’Est du Congo.
Elle insiste sur le fait que cette responsabilité doit enfin être assumée au niveau décisionnel, économique et militaire. Une citation clé résume la position du gouvernement congolais :
« Nous parlons de sanctions qui visent la chaîne de commandement qui finance et organise l’agression, pas la population rwandaise. »
Cette prise de position intervient alors que les tensions régionales s’accentuent autour de Goma, où la présence du M23 continue de provoquer une crise sécuritaire et humanitaire aiguë.
Pour Kinshasa, l’inaction internationale a renforcé un climat d’impunité permettant au Rwanda de poursuivre ses opérations indirectes tout en maintenant une façade diplomatique.
Dans son intervention, Thérèse Wagner a également dénoncé les circuits économiques illégaux qui alimentent la guerre.
Elle rappelle que le Rwanda revendique l’exportation de minerais stratégiques alors que son sous-sol n’en contient presque pas à échelle industrielle.
Pour le gouvernement congolais, l’essentiel de ces ressources provient des zones de conflit du Nord-Kivu, exploitées sous occupation armée. Cette situation fausse les marchés internationaux et finance la poursuite des hostilités.
La cheffe de la diplomatie congolaise estime que le temps est venu pour les partenaires globaux de mettre en place des mécanismes qui empêchent le commerce des minerais issus de zones contrôlées par des groupes armés.
Elle soutient que des précédents existent déjà dans la réglementation internationale et qu’il est cohérent d’y inclure désormais les exportations rwandaises.
La ministre a également dénoncé une contradiction persistante sur la scène internationale : malgré les accusations visant Kigali pour l’assassinat de Casques bleus dans l’Est de la RDC, le Rwanda reste l’un des principaux fournisseurs de troupes aux missions onusiennes.
Une situation qualifiée d’« incohérence diplomatique » par plusieurs analystes africains. Cette sortie médiatique marque un tournant dans la communication diplomatique congolaise.
Kinshasa entend désormais placer la question rwandaise au centre de ses revendications internationales, estimant que seule une réponse ferme de la communauté internationale pourra freiner l’escalade et protéger durablement la population de l’Est.
Abdoul Madjid Koyakele

