Un crime d’une extrême gravité a été signalé le jeudi 4 février 2026 dans la localité de Tembe, près de Bamulumba, dans le groupement Baredje, secteur de Bapere, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu.
Une femme y a été victime de violences sexuelles avant d’être tuée, dans une affaire impliquant un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Selon les informations recueillies auprès de la société civile locale, notamment celles rapportées par Samuel Kakule Kagheni, président de la société civile du secteur de Bapere, la victime aurait été agressée sexuellement avant d’être mortellement attaquée alors qu’elle se trouvait isolée dans une cabane. Les faits se seraient déroulés sous les yeux de ses enfants, témoins directs d’une scène d’une violence extrême, aux conséquences psychologiques durables.
Contacté par la presse, l’administrateur du territoire de Lubero, le colonel Kiwewa Mitela Alain, a confirmé les faits. Il a indiqué que le militaire mis en cause a été interpellé et placé en détention à l’auditorat militaire de Mangurejipa, en attendant l’ouverture formelle de son procès devant les juridictions militaires compétentes.
Sur le plan institutionnel, les autorités locales assurent que la chaîne judiciaire militaire a été activée et que les responsabilités individuelles seront établies. Elles rappellent que les FARDC, en tant qu’institution républicaine, ont pour mission première la protection des populations civiles, conformément à la Constitution, au droit congolais et aux engagements internationaux de la RDC.
Cependant, sur le terrain, ce nouveau drame ravive de profondes inquiétudes en matière de droits humains. Pour les organisations locales, ce cas illustre une fois de plus la vulnérabilité persistante des civils, en particulier des femmes, dans certaines zones sous contrôle militaire. Elles dénoncent des comportements qui, selon elles, portent gravement atteinte à la crédibilité de l’État et aux principes fondamentaux de l’État de droit.
Ce crime s’inscrit dans une série d’incidents impliquant des militaires FARDC enregistrés dans le territoire de Lubero depuis 2025. En septembre de la même année, un soldat avait tué son épouse à Kanyatsi. Deux jours plus tard, un autre militaire avait abattu un civil dans le village de Lima, à proximité de Njiapanda. Autant de faits qui alimentent les appels à une réforme plus rigoureuse de la discipline militaire.
Les défenseurs des droits humains exigent que cette affaire ne soit pas traitée comme un simple fait divers, mais comme un crime grave engageant la responsabilité pénale individuelle, appelant à un procès transparent, public et exemplaire. Ils estiment que seule une justice crédible et visible permettra de lutter contre l’impunité et de restaurer la confiance entre les forces armées et les populations civiles.
Dans un contexte sécuritaire déjà fragile à l’est de la République démocratique du Congo, cette affaire rappelle l’urgence de renforcer les mécanismes de contrôle, de formation et de redevabilité au sein des forces armées, afin que la protection des civils demeure une réalité et non un simple principe inscrit dans les textes.
Abdoul Madjid Koyakele

