La Belgique a officiellement condamné l’ingérence du Rwanda dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Le Parlement fédéral belge a adopté, mercredi 7 janvier 2026, une résolution unanime dénonçant le soutien de Kigali aux groupes armés actifs dans l’Est de la RDC, notamment la coalition AFC/M23.
Cette prise de position intervient dans un contexte de vives inquiétudes internationales face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans les provinces orientales congolaises, en proie à des violences armées depuis près de trois décennies.
Portée par le député fédéral Pierre Kompany, d’origine congolaise, la résolution appelle explicitement le Rwanda à cesser toute ingérence militaire sur le territoire congolais, à retirer ses troupes et à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.
Devant la Chambre des représentants, le message a été clair.
« Le Rwanda doit cesser toute ingérence, retirer ses troupes et respecter l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo », a déclaré Pierre Kompany lors des débats parlementaires.
Le texte adopté condamne également les violences attribuées aux groupes armés opérant dans l’Est de la RDC, accusés de graves atteintes aux droits humains contre les populations civiles.
Il appelle le gouvernement belge, ainsi que l’Union européenne, à envisager des mesures concrètes, y compris des sanctions ciblées, à l’encontre des responsables impliqués dans ces exactions.
Pour plusieurs observateurs, cette résolution marque un tournant dans la position belge sur le conflit à l’Est du Congo.
Analyste politique basé à l'extérieur du pays, Joseph Magloire Lyzieve estime que ce vote s’inscrit dans une dynamique internationale plus large.
« Ce vote unanime traduit une volonté politique claire. La Belgique, rejointe par d’autres partenaires européens, appelle à une réponse ferme face aux crimes et à l’instabilité imposés à l’Est de la RDC, tout en rappelant l’obligation du respect du droit international », analyse-t-il.
Si la résolution n’a pas de caractère contraignant immédiat, elle constitue néanmoins un signal politique fort adressé à Kigali et à la communauté internationale.
Elle pourrait peser sur les discussions diplomatiques en cours et renforcer les appels à une réponse coordonnée au niveau européen.
À Bruxelles, plusieurs parlementaires ont souligné que la paix en République démocratique du Congo ne pouvait plus être reléguée au second plan des priorités internationales.
Le gouvernement belge est désormais attendu sur la mise en œuvre concrète des recommandations issues de cette résolution, notamment en matière de sanctions et de coopération diplomatique.
Abdoul Madjid Koyakele

