Une commission spéciale mise sur pied pour un contrôle budgétaire par l’Assemblée provinciale de la Tshopo a révélé, ce lundi 20 octobre 2025, qu’environ 300 000 dollars américains des fonds alloués à la réhabilitation du stade Lumumba de Kisangani ont purement et simplement disparu.
Selon le rapport adopté par les élus provinciaux, sur une enveloppe d’un million de dollars débloquée par le Gouvernement central de la République démocratique du Congo, seuls 773 000 USD auraient été utilisés, laissant un écart d’au moins 300 000 USD dont la traçabilité demeure inconnue.
La commission, chargée d’examiner la gestion des fonds destinés à la modernisation du stade, accuse l’entreprise d’exécution des travaux, Impact Business Company (IBC), d’avoir perçu une part considérable du budget sans avoir livré les prestations convenues.
Le député Emmanuel Makoka, rapporteur de l’Assemblée, n’a pas mâché ses mots :
« Les matériaux se trouvent à Kisangani : barres de fer, ciment, quincaillerie… mais le chantier n’avance pas. Cet argent est énorme ; ne voyez-vous pas que l’entreprise commence déjà l’escroquerie dès le départ ? », a-t-il déclaré lors de la plénière.
Face à cette situation, l’Assemblée provinciale exhorte le Gouvernement central à aller au-delà du rapport présenté. La mise en œuvre effective des recommandations audits, sanctions et ouverture des comptes constituera un indicateur clé.
Si les responsables ne sont pas poursuivis ou si les 300 000 USD restent introuvables, le message envoyé aux institutions et aux investisseurs sera celui d’une impunité institutionnalisée.
Cette révélation marque un tournant majeur pour la province de la Tshopo et pose une question essentielle : le stade Lumumba redeviendra-t-il un symbole de fierté provinciale ou restera-t-il le reflet d’un abandon institutionnel persistant ?
Blaise Abita

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