La récente atrocité entre civils ayant entrainé cinq morts, des blessés graves en état agonique et plusieurs maisons incendiées au village Engalango, dans le groupement Lobala-sud, secteur de Dongo, en territoire de Kungu dans la province du Sud-Ubangi, secoue l'opinion publique. Le Conseil Territorial de la Jeunesse de Kungu (CTJ), nouvellement élu et investi, a réagi par une déclaration ferme ce mardi 04 novembre 2025, à l'issue d'une réunion de ses membres, condamnant cet incident malheureux et toutes formes d'hostilité.
Selon la déclaration lue par le président Daniel Babaki Ekambo Mata, le CTJ de Kungu exprime son « désarroi face aux atrocités orchestrées ces dernières 24 heures au village Engalango suite à une incompréhension aigüe ». Le CTJ rappelle ‹‹ la sacralisation de la vie humaine tout en lançant un vibrant appel à la paix et à la cohésion pacifique aux frères et sœurs du village Engalango, et la famille Pelenze du village Tomba dans le secteur de Dongo ».
« Ces actes nous salissent, nous divisent, nous affaiblissent, et détruisent notre avenir commun », a-t-il préconisé d'un ton ferme.
Daniel Babaki Ekambo Mata a souligné que « la vie humaine est sacrée » tout en dénonçant que les tueries « par mutilations insensées, inconscientes et inhumaines » qui sont les « conséquences directes des conflits nourris par la haine, l'ignorance, le tribalisme, le régionalisme et l'avarice », interrogeant : « Quelle est cette contrée au monde qui s'est développée sur base des conflits, couronnés par des tueries sauvages ? »
Il a insisté sur les conséquences :
« Cette situation depuis belle lurette... nous condamne à rester une zone rouge dans le Sud-Ubangi, et empêche tout investissement des partenaires, gage d'un développement communautaire ».
Le Conseil Territorial de la Jeunesse lance un appel pathétique et urgent pour que cesse la barbarie et encourage les jeunes au travail :
« Arrosons nos champs de la sueur de notre front en lieu et place du bain de sang. Utilisons nos machettes pour faire des hectares agricoles au lieu de tuer nos semblables. À ceux qui tuent : arrêtez. À ceux qui incitent : taisez-vous. À ceux qui regardent sans agir : le silence est une complicité. »
Recommandations du CTJ
Cette structure de la Jeunesse a formulé plusieurs recommandations pour la paix durable et le développement du territoire de Kungu :
√ Aux autorités (sectorielles, territoriales, provinciales et nationales) : « protégez la vie humaine. Agissez quand il le faut, évitez la léthargie. Une mort de plus, c'est trop ! »
√ À la jeunesse :« ne vous laissez pas manipuler. Votre avenir se construit sur la solidarité, l'éducation et la dignité. Transformons nos machettes et couteaux en bâton de Moïse. Le tribalisme et le régionalisme sont des poisons silencieux qui rongent notre cohésion. »
√ Aux politiciens de Kungu : « ne vous servez pas de nos douleurs pour vous faire une santé politique. La paix ne doit pas être un outil politique, mais une responsabilité sacrée ››.
Le CTJ Kungu a conclu que cet appel doit résonner dans chaque groupement, car « Que la valeur de la vie humaine soit notre boussole, notre loi, notre engagement. Assez de tuerie à Kungu ! »
Cette prise de position de la jeunesse de Kungu intervient dans un contexte sécuritaire déjà tendu, où la population recourt à la violence pour régler les conflits, en l'absence d'une justice efficace.
Nestard Esselé.

