À Popokabaka, la crise des Mobondo a officiellement été déclarée close par son instigateur, le chef milicien Sadam, connu sous le surnom de « Faux Yaya ». Cette annonce intervient dans le cadre de la reddition de ses combattants aux forces de défense et de sécurité, marquant un tournant après des mois de violences dans la province du Kwilu.
Pour le député national Garry Sakata, représentant de Bagata, cette reddition constitue un signal encourageant, mais ne saurait suffire à elle seule à rétablir une paix durable. L’élu estime que le processus de stabilisation ne fait que commencer et appelle à des actions complémentaires.
Il salue l’approche adoptée par le ministre délégué à la Défense, Ntambwe Eliezer, qui s’est déplacé sur le terrain pour dialoguer avec les acteurs impliqués dans la crise. Selon Garry Sakata, cette démarche a permis d’atteindre directement les responsables du conflit et d’obtenir des avancées concrètes.
Toutefois, le parlementaire insiste sur la nécessité d’aller au-delà de la reddition des armes. À ses yeux, la consolidation de la paix passe impérativement par l’établissement des responsabilités et la réparation des torts subis par les populations.
« Il ne peut y avoir de paix véritable sans justice. Et il ne peut y avoir de justice sans réparation pour les victimes », a-t-il affirmé, appelant l’État à indemniser les personnes touchées par les violences si les auteurs des crimes ne sont pas en mesure de le faire.
Garry Sakata souligne également l’importance de mettre en place des mécanismes de non-répétition afin d’éviter que de telles exactions ne se reproduisent. Il rappelle que de nombreuses familles ont perdu des proches, leurs habitations ou leurs moyens de subsistance.
Malgré l’annonce faite à Popokabaka, la situation reste préoccupante dans certaines zones du territoire de Bagata. Dans le secteur Wamba, plusieurs villages seraient encore sous l’emprise d’éléments armés. Les établissements scolaires y demeurent fermés et les activités agricoles suspendues, les services publics ayant été retirés pour des raisons de sécurité.
L’élu appelle ainsi les autorités à poursuivre les efforts de désarmement dans ces localités, afin de permettre aux habitants de regagner leurs terres et de reprendre une vie normale.
La crise des Mobondo s’est étendue à Bagata le 17 septembre 2022, quelques mois après avoir éclaté à Kwamouth. Des miliciens en fuite avaient alors franchi la rivière Kwango, déclenchant une série d’attaques ciblant notamment des chefs coutumiers, suivies d’incendies d’habitations, de pillages et de massacres.
Si la reddition annoncée constitue une étape majeure, le retour définitif à la stabilité dépendra désormais de la capacité des autorités à assurer la sécurité des populations, à rendre justice et à réparer les préjudices subis.
Abdoul Madjid Koyakele

