La détérioration continue de la situation sécuritaire dans le diocèse de Butembo-Beni, marquée par les attaques répétées des combattants ADF, a entraîné la suspension totale des activités de la paroisse catholique Saint Jean-Paul II de Masoya. Cette paroisse est située dans la chefferie de Baswagha, territoire de Lubero, au Nord-Kivu.
D’après les informations recueillies auprès de la société civile de Musienene, cette décision est effective depuis le dimanche 25 janvier 2026.
Il sied de signaler que l’insécurité persistante a fortement perturbé le fonctionnement normal des sept secteurs composant cette paroisse, exposant fidèles et agents pastoraux à des risques permanents.
Dans ce contexte tendu, le curé de la paroisse, l’abbé Kakule Jonathan Willibrord, ainsi que plusieurs agents pastoraux, ont quitté la zone pour des raisons de sécurité.
Les fidèles, confrontés aux mêmes menaces, ont également déserté la paroisse, rendant impossible la poursuite des activités religieuses et communautaires.
« Sur les sept secteurs que compte la zone, presque tous ont été touchés et plus rien ne fonctionne normalement. Les chrétiens comme les prêtres ont été contraints d’abandonner la paroisse », a confié l’abbé Kakule Jonathan Willibrord.
Cette situation démontre que la mission pastorale demeure étroitement liée à la stabilité sécuritaire. Faute de garanties suffisantes, les autorités ecclésiastiques estiment qu’aucune reprise des activités ne peut être envisagée à court terme.
Par ailleurs, plusieurs familles ont fui Masoya vers des zones jugées plus sûres, notamment Mwenye Centre et la ville de Butembo.
Il importe de souligner que ces déplacements forcés accentuent la pression humanitaire dans les zones d’accueil et fragilisent davantage les communautés locales.
Il convient notamment de rappeler que la chefferie des Baswagha, tout comme le secteur voisin des Bapere, est régulièrement la cible d’attaques attribuées aux combattants ADF. Ces violences récurrentes ont déjà causé la mort de nombreux civils et entraîné d’importants déplacements de populations.
Cette fermeture n’est pas un cas isolé. En novembre dernier, le couvent des Petites Sœurs de la Présentation de Biambwe, dans la même chefferie, avait également cessé toutes ses activités après une série d’attaques meurtrières.
Ces incursions avaient coûté la vie à au moins 29 civils, dont 17 patients exécutés dans un centre de santé, illustrant la gravité de la crise sécuritaire dans la région.
Dans l’attente d’un retour durable à la sécurité, la fermeture de la paroisse Saint Jean-Paul II de Masoya apparaît comme un indicateur supplémentaire de l’impact profond du conflit armé sur la vie religieuse, sociale et humanitaire dans le territoire de Lubero.
Abdoul Madjid Koyakele

