Kasindi-Lubiriha a été une nouvelle fois endeuillée ce lundi neuf février deux mille vingt-six. Dans le Quartier Latin, sur l’avenue Kangauka, un incendie aux circonstances troublantes a coûté la vie à un enfant âgé de trois ans, relançant avec force le débat sur la recrudescence inquiétante des feux dans cette cité frontalière du Nord-Kivu.
Selon les informations livrées par la Police nationale congolaise, commissariat de Kasindi, le drame s’est produit en pleine après-midi alors qu’une pluie abondante s’abattait sur la zone. La victime, le jeune Kasereka Ngezayo Chadrack, se trouvait seule dans la parcelle familiale au moment de l’incendie. Ses parents, Kasereka Katshike Shukuru et Masika Kyonge Deborah, s’étaient rendus aux travaux champêtres, laissant l’enfant sans surveillance directe.
Les premières constatations indiquent que le feu s’est déclaré en l’absence de tout occupant adulte, rendant toute tentative de secours impossible. L’enfant n’a pas survécu aux flammes. Les causes exactes du sinistre ne sont pas encore établies, mais les autorités policières n’excluent aucune piste, y compris celle d’un acte criminel. Une enquête a été immédiatement ouverte afin de situer les responsabilités.
Cependant, au-delà de ce drame isolé, ce nouveau cas met en lumière une réalité plus large et profondément préoccupante. À Kasindi-Lubiriha, les incendies deviennent de plus en plus fréquents, souvent meurtriers et toujours dévastateurs. Malgré les alertes répétées, les mesures de prévention restent faibles, voire inexistantes, exposant les populations les plus vulnérables, notamment les enfants.
Face à cette situation, le commissaire principal Kasereka Kambere Claude a lancé un appel pressant à la population, l’invitant à redoubler de vigilance, à sécuriser les habitations et à signaler tout comportement suspect susceptible de provoquer des incendies. Il a également insisté sur la responsabilité collective dans la prévention de ces drames, tout en rappelant le rôle central des autorités locales dans la sensibilisation et la protection des citoyens.
La Police nationale congolaise a réaffirmé son engagement à assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, tout en présentant ses condoléances les plus attristées à la famille de la victime. Mais pour de nombreux habitants, ce drame de trop pose une question fondamentale : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant que des actions concrètes ne soient prises pour enrayer cette spirale mortelle ?
Mathe Fabrice

