Gbadolite, 6 février 2026 – Le secteur de la santé publique au Nord-Ubangi entre dans une zone de turbulence majeure. À l’issue d’une assemblée générale tenue ce jeudi à Gbadolite, les professionnels de santé de la province ont décidé de lancer une grève sèche à compter de ce vendredi 6 février dans l’ensemble des structures sanitaires publiques.
Réunis au sein de l’intersyndical provincial, médecins, infirmiers et agents de santé dénoncent de longs retards de paiement de leurs rémunérations. Selon des sources médicales concordantes, le personnel affecté dans les territoires accuse jusqu’à trois mois d’arriérés de paie ordinaire, tandis que celui basé au chef-lieu provincial attend toujours le versement d’un mois de salaire.
À cette situation s’ajoute le non-paiement des primes complémentaires relatives au quatrième trimestre de l’année 2025, une accumulation de dettes salariales que les soignants jugent désormais intenable. Face à l’absence de réponses concrètes, l’option de la cessation totale du travail a été retenue comme dernier recours.
« Nous avons multiplié les démarches administratives et les alertes, mais rien n’a changé. Aujourd’hui, continuer à travailler sans être payé revient à sacrifier nos propres familles », confie un infirmier de Gbadolite, sous couvert d’anonymat.
S’exprimant à l’issue de l’assemblée générale, le président de l’intersyndical provincial a justifié cette décision radicale.
« Les conditions ne nous permettent plus d’assurer un service digne. Nous exigeons le paiement immédiat des arriérés de salaires ainsi que des primes complémentaires du dernier trimestre 2025 », a déclaré le docteur Sisco Ngunde, responsable syndical.
La mise en œuvre de cette grève sèche risque de provoquer une paralysie quasi totale du système de santé public dans la province. Hôpitaux généraux de référence, centres de santé et structures périphériques pourraient fonctionner au ralenti, voire fermer temporairement, exposant la population à des risques sanitaires accrus.
Dans une province déjà confrontée à de nombreuses contraintes logistiques et financières, cette interruption des services médicaux intervient à un moment critique. Les patients les plus vulnérables pourraient être contraints de se tourner vers des structures privées, souvent inaccessibles financièrement, ou de renoncer aux soins.
L’intersyndical du personnel de santé du Nord-Ubangi lance ainsi un appel pressant aux autorités provinciales et au gouvernement central, les exhortant à intervenir de toute urgence afin d’éviter une crise sanitaire majeure aux conséquences potentiellement dramatiques pour la population.
Abdoul Madjid Koyakele

