Julien Paluku, ministre congolais du Commerce extérieur, a lancé une réflexion stratégique d’envergure mondiale : la création d’une organisation internationale des pays producteurs de minerais, sur le modèle de l’OPEP pour le pétrole.
Dans une tribune au ton visionnaire, il estime qu’une telle alliance permettrait de rééquilibrer les rapports de force face aux multinationales minières et de stabiliser les prix des matières premières stratégiques, aujourd’hui fortement volatils.

S’appuyant sur l’exemple historique du cartel pétrolier qui a permis à plusieurs nations productrices d’affirmer leur souveraineté énergétique, le ministre congolais souligne qu’un « nouveau cartel invisible » domine désormais le marché des minerais, notamment du cobalt, du lithium et du cuivre, ressources essentielles à la transition énergétique mondiale.
Paluku avertit que des pays comme la RDC, l’Indonésie ou le Chili, bien qu’ils disposent d’un potentiel minier considérable, demeurent vulnérables face aux fluctuations du marché et à la spéculation internationale.
Il plaide ainsi pour une coopération économique renforcée, capable d’harmoniser les politiques minières, d’imposer une juste valeur des ressources et de garantir une redistribution équitable des bénéfices.
« Sans unité et sans vision commune, nos pays resteront de simples fournisseurs de matières premières, dépendants des décisions prises ailleurs », alerte-t-il, appelant à la souveraineté économique et à une gestion concertée des richesses du sous-sol.
Le ministre met également en garde contre les risques d’une guerre économique mondiale autour des ressources naturelles, soulignant la nécessité pour les États producteurs de se préparer à de profonds bouleversements géostratégiques.
Son appel, salué par plusieurs analystes, relance le débat sur la place de l’Afrique dans la nouvelle économie verte et sur la capacité du continent à transformer localement ses minerais pour en tirer une réelle valeur ajoutée.
Abdoul Madjid Koyakele

