La crise politique à la Tshopo vient de franchir un tournant majeur. Ce lundi 27 octobre 2025, les députés provinciaux ont voté pour la destitution du gouverneur Paulin Lendongolia. Sur les 29 élus que compte l’Assemblée, 18 étaient présents et ont décidé, à l’unanimité, de mettre fin à son mandat.
Lendongolia, resté à Kinshasa au moment de la plénière, n’a pas pris part aux échanges ni présenté ses moyens de défense. Une absence jugée inacceptable par le président de l’Assemblée provinciale, Matheus Kanga, qui y voit un manque de considération envers l’institution. Celui-ci a rappelé que l’ordre de mission signé par la Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur le 24 octobre dernier lui demandait expressément de regagner Kisangani pour participer à la séance.
Ce vote intervient après plusieurs semaines de tensions entre l’exécutif provincial et le bureau de l’Assemblée. Le gouverneur, tout comme les députés pétitionnaires, avait été récemment invité à Kinshasa pour des consultations menées par le VPM de l’Intérieur, censées ramener la sérénité politique au sein de la province.
La motion de déchéance, initiée par le député Bienvenu Bolongue, reproche à Paulin Lendongolia une gestion jugée opaque, un manque de leadership et un détournement présumé de fonds publics destinés à des chantiers prioritaires, notamment la réhabilitation du stade Lumumba et de la Route Nationale (RN) n°4. Elle l’accuse également d’avoir attisé plusieurs conflits coutumiers dans la région.
Ce renversement du gouverneur traduit l’ampleur de la fracture politique entre les institutions provinciales. Malgré les appels au dialogue et au respect de la légalité, la Tshopo s’enfonce dans une période d’incertitude institutionnelle qui pourrait retarder la mise en œuvre des projets de développement en cours.
Abdoul Madjid Koyakele.

