Kigali, 05 novembre 2025 le ton est monté d’un cran entre Kigali et la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO).
Dans une déclaration publiée ce mercredi sur son compte X (ancien Twitter), le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier J.P Nduhungirehe, a vivement critiqué la mission onusienne, l’accusant de collaborer avec l’armée congolaise dans des formations militaires controversées.
Selon le diplomate rwandais, la MONUSCO, censée assurer la protection des civils dans les zones de conflit, serait désormais impliquée dans la formation des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) à l’usage d’armes lourdes et de drones d’attaque, alors que ces équipements sont actuellement utilisés dans des opérations militaires à l’Est du pays.
Ces formations se feraient, selon lui, au profit d’une armée « alliée à la milice génocidaire FDLR », accusée depuis des années par Kigali d’abriter d’anciens auteurs du génocide de 1994.
« Si j’ai bien compris, la MONUSCO, dont le mandat principal est la protection des civils, est en train de former l’armée congolaise (alliée à la milice génocidaire FDLR) à manier des armes lourdes et des drones d’attaque, ceux-là mêmes qui sont utilisés dans des bombardements quotidiens de zones densément peuplées »,
a écrit le ministre sur son compte officiel.
Dans la même publication, Olivier Nduhungirehe a qualifié la mission de l’ONU en RDC d’« échec historique », soulignant qu’en 26 ans de présence, la MONUSCO aurait dépensé près de 20 milliards de dollars sans parvenir à stabiliser le pays ni à neutraliser les groupes armés.
Il a également dénoncé la montée des discours de haine et la persécution de certaines communautés rwandophones dans l’Est de la RDC, qu’il impute à l’inaction ou à la complicité des forces onusiennes.
« Après toutes ces années, les génocidaires FDLR se sont renforcés, les groupes armés se sont multipliés, et la haine ethnique est devenue banale. La MONUSCO reste l’un des plus grands échecs des Nations unies », a-t-il martelé.
Ces déclarations interviennent dans un contexte régional tendu, marqué par la recrudescence des affrontements entre les FARDC et les rebelles du M23, ainsi que par la détérioration des relations diplomatiques entre Kigali et Kinshasa.
La MONUSCO, dont le retrait progressif du territoire congolais a déjà été amorcé, n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations.
Abdoul Madjid Koyakele


