Dans le territoire de Kungu, au Sud-Ubangi, la paie des enseignants du mois de décembre 2025 s’est déroulée sans retard, marquant un tournant salué par la communauté éducative locale.
Pour sa première mission en tant que nouvel opérateur de paie, la Coopérative d’Épargne et de Crédit COOPEC Bomengo a mené l’opération dans les délais prévus.
Entre le 4 et le 10 janvier 2026, les enseignants ont perçu leurs salaires, rompant avec une longue période marquée par des retards récurrents et des incertitudes.
Cette première expérience est perçue comme un changement notable dans un territoire où les professionnels de l’éducation dénonçaient depuis plusieurs années les dysfonctionnements de l’ancien système de paiement.
Le superviseur de la COOPEC Bomengo, Jean Pierre Makomo, s’est félicité du bon déroulement de cette opération, tout en reconnaissant l’existence de quelques ajustements à apporter.
« Cette mission nous a permis de maîtriser le terrain. Nous sommes satisfaits de la réussite de cette opération, tout comme les enseignants du territoire qui se disent soulagés par notre apport », a-t-il déclaré.
Il a toutefois relevé certaines irrégularités mineures liées à l’affectation de quelques salaires, assurant que les correctifs nécessaires seraient apportés.
« Nous avons noté quelques irrégularités mineures, notamment des salaires affectés par erreur dans certains sites de paie. Toutes les doléances seront traitées avec rigueur », a-t-il précisé.
Ce succès intervient après une longue période de mécontentement des enseignants de Kungu, qui dénonçaient des retards chroniques sous l’ancien opérateur, la Caritas Budjala.
La transition vers la COOPEC Bomengo est ainsi perçue comme la fin d’une phase de marginalisation salariale.
Au-delà de l’aspect logistique, cette évolution est également le fruit d’un plaidoyer syndical conduit par Emmanuel Bamolokola, représentant des enseignants dans le territoire.
Son action a contribué à la rupture du contrat avec l’ancien opérateur et à l’orientation vers un nouveau système de paie jugé plus fiable.
Pour plusieurs enseignants interrogés, cette mobilisation syndicale a joué un rôle déterminant dans l’amélioration des conditions de paiement, renforçant le sentiment de dignité professionnelle longtemps mis à mal.
Si cette première opération est largement saluée, de nombreux acteurs estiment toutefois que le principal défi reste la pérennisation de cette dynamique.
La régularité des paiements et la correction rapide des irrégularités seront, selon eux, les véritables indicateurs de la fiabilité du nouveau dispositif à long terme.
Dans un territoire où la stabilité salariale conditionne directement la qualité de l’enseignement, cette première expérience est perçue comme un signal encourageant, appelant à une vigilance constante des autorités éducatives et de l’opérateur de paie.
Nestard Essele

