À Gemena, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi, des épouses de policiers ont organisé une marche pacifique ce dimanche 14 décembre 2025 pour dénoncer l’agression armée dont est victime la République démocratique du Congo dans sa partie Est, attribuée aux rebelles du M23/AFC soutenus par le Rwanda.
Initiée par l’Association des épouses des policiers pour le développement du Sud-Ubangi, la manifestation est partie de l’Institut du 4 Octobre, anciennement Athénée Royal de Gemena, pour s’achever à l’église catholique Sainte Élisabeth, où une prière a été dite en mémoire des victimes des violences à l’Est du pays.
Tout au long du parcours, les manifestantes ont exprimé leur indignation face à ce qu’elles qualifient de silence coupable de la communauté internationale, mais aussi de certaines institutions religieuses, notamment la CENCO, face à la détérioration persistante de la situation sécuritaire dans les provinces orientales de la RDC.
Parmi les voix les plus remarquées, celle de Marie-Thérèse Alongaboni, épouse d’un général de la Police nationale congolaise, a dénoncé avec fermeté ce qu’elle considère comme un génocide en cours à l’Est du pays.
Elle a appelé le Parlement congolais à autoriser le Président de la République à prendre des mesures fortes, y compris la déclaration officielle de guerre contre le Rwanda, afin de protéger l’intégrité territoriale du pays.
La marche a également été marquée par la présence de la Gouverneure a.i. du Sud-Ubangi, Marie-Thérèse Tontoa, accompagnée de plusieurs autorités provinciales. Sa participation a été perçue comme un signe de soutien institutionnel à cette initiative citoyenne portée par les femmes de policiers.
À travers cette mobilisation, les manifestantes entendent attirer l’attention nationale et internationale sur la souffrance des populations civiles de l’Est, tout en exprimant leur solidarité envers les forces de sécurité engagées sur les lignes de front.
Cette marche pacifique s’inscrit dans une série d’actions citoyennes observées à travers le pays, traduisant une montée de la colère populaire face à la persistance de l’insécurité et aux agressions répétées contre la souveraineté de la République démocratique du Congo.
Jonas Mbango

