La scène politique congolaise a de nouveau été animée ce lundi 12 janvier 2026 par une publication de l’opposant Seth Kikuni, président national du parti Piste pour l’émergence.
Ce message, largement relayé sur les réseaux sociaux vu sa position politique prise et posté dans son compte X, a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique.
Ancien candidat à l’élection présidentielle, Seth Kikuni avait pris part aux scrutins de 2018 et de 2023, qu’il n’avait pas remportés. Depuis, il demeure l’une des voix critiques les plus actives à l’égard du pouvoir en place, notamment sur les questions liées à la gouvernance et au dialogue politique.
Dans sa publication, l’opposant s’en prend au porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ainsi qu’au président de la République, Félix Tshisekedi, à propos de l’initiative de dialogue évoquée sous médiation angolaise, qu’il considère comme dépourvue de sincérité.
« Que cela soit clair une bonne fois pour toutes : Patrick Muyaya ment, comme à son habitude », écrit Seth Kikuni, estimant que cette démarche viserait avant tout à masquer, selon lui, les difficultés politiques du régime.
Pour Seth Kikuni, un véritable dialogue devrait reposer sur la bonne foi, l’égalité entre les parties et le respect des engagements.
Il affirme que ces conditions ne seraient pas réunies dans le contexte politique actuel et rejette toute participation à un processus qu’il juge biaisé dès son origine.
« Le Congo n’a pas besoin d’un dialogue au service d’un homme, mais d’un processus crédible au service de son peuple et de son avenir », conclut-il.
Ces déclarations interviennent dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes entre le pouvoir et une partie de l’opposition, sur fond de crise sécuritaire à l’Est du pays, de fragilités économiques et de débats récurrents autour de la gouvernance des institutions.
L’initiative de dialogue, évoquée par les autorités, suscite des positions contrastées, certains y voyant une opportunité d’apaisement, tandis que d’autres redoutent un processus sans garanties suffisantes.
Pour plusieurs observateurs, la question centrale demeure celle de la crédibilité du cadre proposé, de la neutralité des médiateurs et de la mise en œuvre effective d’éventuels engagements.
Les précédentes expériences de concertations politiques en République démocratique du Congo ont souvent été critiquées pour leurs résultats limités, alimentant la méfiance d’une partie de la classe politique et de la société civile.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités congolaises n’avait encore été enregistrée.
Abdoul Madjid Koyakele

