Kinshasa, 27 octobre 2025 alors que le cessez-le-feu devait ramener le calme dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les accusations entre les Forces Armées de la RDC (FARDC) et la rébellion de l’AFC/M-23 se poursuivent.
Dans un entretien exclusif accordé à la Deutsche Welle (DW), le 24 octobre 2025, le général Sylvain Ekenge, porte-parole de l’Armée Congolaise, a rejeté toute responsabilité sur les FARDC, accusant par contre le mouvement rebelle d’être le principal auteur des violations répétées du cessez-le-feu.
Selon lui, « chaque fois, c’est l’AFC/M-23 qui viole le cessez-le-feu ».
Le général Ekenge soutient que les FARDC respectent scrupuleusement les engagements pris, mais qu’elles ne peuvent rester passives face aux attaques.
« Nous ne sommes pas l’église. C’est à l’église qu’on dit que si on vous donne une claque sur la joue gauche, vous tendez la droite. Nous ne pouvons pas éternellement assister à des attaques et des provocations sans réagir », a-t-il déclaré, dénonçant les agissements du mouvement rebelle.
Abordant la question des FDLR, le porte-parole de l’armée a précisé que ces derniers ont répondu à l’appel des FARDC et qu’ils cherchent à se rendre à la MONUSCO, mais leur passage serait bloqué dans les zones sous occupations du Rwanda avec ses acolytes l’AFC-M-23.
« Si on veut réellement la paix, il faudrait que nous puissions travailler ensemble pour mettre fin à ce phénomène », a-t-il ajouté.
Sur les négociations en cours à Doha, le général Ekenge a estimé que le mouvement rebelle ne respecte pas les engagements :
« Ils s’en foutent de toutes ces négociations. Ils ne veulent pas respecter le cessez-le-feu. Les FARDC n’ont jamais pris l’initiative d’attaquer, ce sont eux qui déclenchent les hostilités. »
Interrogé sur la présence persistante des ADF malgré les opérations conjointes FARDC–UPDF, il a reconnu que certaines zones lacunaires ont été exploitées par ces groupes armés, tout en assurant que la situation est sous contrôle.
« Nous avons renforcé les zones de Beni et de l’Ituri avec de nouveaux commandants et des unités fraîches. Le travail se fait et la situation sera bientôt stabilisée », a-t-il déclaré.
Concernant la situation sécuritaire à Uvira, le porte-parole s’est voulu rassurant. Il affirme que la zone est calme, que les nouveaux commandants ont pris leurs fonctions et que les forces armées restent vigilantes face aux fausses alertes propagées par l’ennemi.

À propos des récentes arrestations d’officiers soupçonnés de collusion avec l’AFC/M-23 ou avec l’ancien président Joseph Kabila, alors condamné à mort par la justice militaire, le général Ekenge a préféré s’abstenir de tout commentaire :
« C’est une question à poser à la justice. Je ne maîtrise pas ce dossier. »
Malgré la mise en place d’un mécanisme de vérification du cessez-le-feu, la méfiance demeure entre les FARDC et l’AFC-M-23, et les affrontements continuent d’alimenter l’instabilité dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Abdoul Madjid Koyakele.

