En République Démocratique du Congo, la mort laisse souvent derrière elle une question sans réponse : que devient l’argent stocké dans les comptes Mobile Money (Airtel Money, M-Pesa, Orange Money, etc.) lorsque le titulaire décède sans transmettre ses codes d’accès à ses proches ?
Daniel Kayembe Thikind, citoyen congolais et utilisateur de ces services, a décidé d’interpeller les autorités et opérateurs téléphoniques sur cette problématique.
Dans une correspondance datée du 31 octobre 2025, adressée à Vodacom, Africell, Airtel et Orange, ainsi qu’au Ministre du PTN-TIC, au Ministre de la Justice, au Gouverneur de la Banque Centrale du Congo

et au Président de la CNDH, il plaide pour un mécanisme légal et humain de gestion des comptes Mobile Money après décès.
Selon lui, un vide juridique et opérationnel persiste : les familles se retrouvent dans l’impossibilité de récupérer les fonds parfois importants laissés sur les comptes des défunts, faute de procédure claire.
Cette situation, dit-il, provoque frustrations, pertes financières et tensions sociales.
Pour remédier à cela, Daniel Kayembe propose un testament mobile, une procédure légale d’accès aux fonds, la création d’une cellule “succession et comptes inactifs” auprès des opérateurs,
ainsi qu’une campagne nationale de sensibilisation sur la transmission sécurisée des données d’accès.
Ces initiatives visent à renforcer la confiance entre utilisateurs et opérateurs, mais aussi à protéger les familles congolaises de la perte injustifiée de leurs avoirs numériques.
En conclusion, cette réflexion met en lumière une réalité ignorée du grand public : nos biens financiers numériques doivent, eux aussi, avoir une existence légale après la mort.
Le moment est venu d’adapter le droit congolais à l’ère digitale afin d’assurer la continuité patrimoniale à travers les services Mobile Money.
Nestard Essele


