Après deux mois d’attente insoutenable de leurs salaires de septembre et octobre, les enseignants du Sud-Ubangi passent à une nouvelle phase de revendication baptisée « école sans enseignants ».
Dans un communiqué diffusé ce jeudi 30 octobre 2025 sur les ondes des radios locales de Gemena, le délégué syndical du syndicat Espoir de la sous-division Gemena 1 a annoncé la suspension des activités scolaires à partir du lundi 3 novembre 2025.
Selon lui, la situation de la paie des enseignants à la Banque Afriland reste confuse, aucune information concrète ne confirmant l’effectivité du processus.
Il a invité ses collègues à observer un arrêt total des cours et à cesser toute activité administrative, y compris le contrôle des dossiers des finalistes, jusqu’à nouvel ordre.
Les enseignants estiment qu’il s’agit là du seul moyen de se faire entendre. Plusieurs marches avaient déjà été organisées pour réclamer les arriérés de salaires du mois de septembre, mais sans résultat tangible.
Les autorités provinciales, lors des précédents échanges, avaient appelé les enseignants à la patience, promettant une solution rapide. Cependant, avec le non-paiement du deuxième mois consécutif, la colère reprend de plus belle.
Les conséquences sociales commencent déjà à se faire sentir. De nombreux enseignants, lourdement endettés, peinent à subvenir aux besoins de leurs familles. Certains font face à la pression de leurs bailleurs, d’autres n’arrivent plus à payer les frais scolaires de leurs enfants.
La situation devient critique pour ceux qui souffrent de problèmes de santé faute de moyens financiers.
Tant que ni la Banque Afriland ni les autorités compétentes n’apportent de réponse claire, la grève risque de s’étendre dans d’autres sous-divisions de la province.
Le système éducatif dans le Sud-Ubangi se retrouve au bord du chaos, dans l’attente d’une solution urgente du gouvernement central.
Souleymane Nvenimbi

