La province du Nord-Ubangi demeure confrontée à une menace silencieuse mais permanente liée à la présence d’engins explosifs non explosés, vestiges des conflits armés ayant marqué la région. À Gbadolite, chef-lieu provincial, cette réalité continue d’inquiéter autorités et populations locales.
Le dernier incident en date a été signalé le lundi 22 décembre 2025 dans la commune de Molegbe. Un cultivateur a découvert un engin explosif enfoui dans son champ, situé à proximité de la résidence du feu maréchal Mobutu, dans le quartier Kawele.
Une découverte qui a immédiatement relancé les alertes sur la vulnérabilité des zones habitées et agricoles. Informée de la situation, l’autorité communale a rapidement mobilisé les services compétents afin d’éviter tout drame.
Selon le bourgmestre de Molegbe, la collaboration avec des spécialistes en déminage a permis une intervention sécurisée.
« Un autre engin explosif de type mortier 60 a été découvert par un cultivateur du nom de Kegi au quartier Kawele, dans son champ non loin de la résidence du feu maréchal Mobutu.
Nous avons fait appel aux experts de l’ONG ADES, par le concours de son technicien Timothée Kombombo, et cet engin a été enlevé puis acheminé au dépôt de la FARDC à Gbadolite, conformément aux procédures légales en vigueur », a déclaré Maître Prince Édouard Zongo.
Face à la recrudescence de ces découvertes, l’autorité communale insiste sur la vigilance citoyenne et met en garde contre toute manipulation de ces objets dangereux.
« Nous demandons à tout habitant de la commune de Molegbe qui apercevrait un objet suspect ressemblant à une bombe de nous alerter immédiatement.
Il ne faut en aucun cas le toucher, afin de permettre une intervention rapide et sécurisée », a-t-il martelé dans son message à la population.
De son côté, l’ONG ADES dresse un tableau préoccupant de la situation sécuritaire liée aux restes de guerre dans le Nord-Ubangi.
Son coordonnateur interprovincial souligne l’ampleur du problème à l’échelle provinciale.
« À ce jour, plus de 49 zones dangereuses ainsi que deux champs de mines antipersonnel ou restes de guerre ont été identifiés et balisés dans la province du Nord-Ubangi.
La sensibilisation et la collaboration communautaire restent essentielles pour prévenir les accidents », a expliqué Timothée Kombombo.
Ces engins explosifs, souvent enfouis depuis des décennies, représentent un danger majeur pour les populations civiles, notamment les agriculteurs et les enfants.
Les autorités locales appellent à une mobilisation collective et à un renforcement des opérations de dépollution afin de réduire durablement les risques.
Rodrigue Kolaba Koto

