Kinshasa, 08 janvier 2026 – La crise qui secoue le secteur éducatif dans la province du Nord-Ubangi continue de susciter des réactions.
Le président de la Ligue des Associations et Notabilités du Nord-Ubangi (LANU), Giscard Nvelete Hulute, s’est exprimé publiquement pour dénoncer ce qu’il considère comme une gestion défaillante du dossier des enseignants, confrontés à plusieurs mois d’arriérés de salaire.
Cette prise de position intervient alors que les enseignants de la sous-division de Mobayi-Mbongo 1 observent une grève sèche depuis le mardi 06 janvier 2026, paralysant totalement les activités scolaires.
Une situation qui inquiète de plus en plus les acteurs sociaux et communautaires de la province.
Dans un entretien accordée à la rédaction de Focus Actualité, ce Jeudi 08 Janvier 2026 ou Giscard Nvelete Hulute a d’abord pointé du doigt l’absence de réponses concrètes du gouvernement central, estimant que les autorités tardent à assumer pleinement leurs responsabilités dans le processus de paiement des enseignants.
« Il est incompréhensible qu’un gouvernement disposant de moyens institutionnels et financiers laisse les enseignants dans une telle précarité pendant plusieurs mois.
On ne peut pas continuer à justifier ces retards par des explications techniques sans solutions visibles sur le terrain », a-t-il déclaré.
Poursuivant son analyse, le président de la LANU a ensuite attiré l’attention sur les conséquences directes de cette crise sur le système éducatif et sur l’avenir des enfants, qu’il considère comme les premières victimes de cette situation.
« Aujourd’hui, ce sont les élèves qui subissent les effets de cette crise. Les écoles sont fermées, les programmes sont interrompus et l’avenir de toute une génération est compromis.
Lorsqu’on fragilise l’éducation, c’est l’avenir de la nation que l’on met en danger », a-t-il insisté.
Enfin, Giscard Nvelete Hulute a lancé un appel solennel aux plus hautes autorités du pays, les invitant à s’impliquer personnellement afin de mettre fin à cette impasse sociale qui, selon lui, risque de s’aggraver si aucune mesure urgente n’est prise.
« J’en appelle au président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions, pour qu’il regarde cette situation avec l’attention d’un père de famille.
Les enseignants ont atteint les limites de leur patience et il est encore temps d’éviter une année scolaire compromise », a-t-il ajouté.
Au-delà du gouvernement central, le président de la LANU interpelle également les autorités provinciales du Nord-Ubangi. Il les exhorte à jouer un rôle de médiation active afin de rétablir le dialogue avec les enseignants et de contribuer à une sortie de crise durable.
Sur le terrain, les enseignants grévistes réclament le paiement intégral de trois mois de salaires impayés. Ils demandent également le transfert de leur mécanisme de paie de l’IFOD (ex-Caritas) vers une banque commerciale, la TMB, une revendication motivée, selon eux, par la recherche de plus de transparence et d’efficacité dans la gestion de leurs rémunérations.
Dans ce contexte tendu, l’inspecteur chef de pool primaire de la sous-division concernée a été déclaré persona non grata par les enseignants.
Alors que les salles de classe restent fermées à Mobayi-Mbongo, cette sortie médiatique relance le débat sur la gouvernance du secteur éducatif et sur l’urgence d’une réponse institutionnelle capable de préserver la stabilité scolaire dans le Nord-Ubangi.
Kolaba Koto Rodrigue

