Ici, c’est le Nord-Ubangi. Une école conventionnée islamique, l’Institut Salam de Gbadolite, où les enfants étudient avec courage malgré des infrastructures quasi inexistantes.
Les réalités du terrain montrent que les défis scolaires en République démocratique du Congo demeurent immenses, particulièrement dans les établissements musulmans souvent oubliés dans les priorités nationales.
Les enfants méritent mieux, toutes confessions confondues, car l’éducation n’a ni religion ni frontière. Le pays est laïc, pourtant certains réseaux éducatifs semblent plus soutenus que d’autres.
Les écoles catholiques et protestantes reçoivent régulièrement de nouveaux bâtiments, bénéficient de réhabilitations visibles, d’appuis multiformes et de structures héritées de longue date, alors que les écoles islamiques peinent à obtenir le moindre appui matériel.
Cette différence saute aux yeux dans plusieurs provinces, notamment au Nord-Ubangi, où l’Institut Salam ne possède aucun bâtiment en dur, aucun programme récent de construction, aucun appui durable.
Il ne s’agit pas de nier les gestes isolés de certaines autorités envers les écoles islamiques, ni d’ignorer les efforts individuels, mais de constater une réalité simple et observable :
les bâtiments manquent, l’encadrement matériel est faible, les apprenants étudient dans des conditions extrêmement précaires.
Ce rappel n’est pas une revendication agressive, mais un appel à l’équité dans un pays où chaque enfant devrait bénéficier des mêmes droits et du même environnement éducatif.
Dans ce contexte, une publication du coordonnateur des écoles islamiques de la province du Nord-Ubangi, Moussa Abakar Sato, a suscité une réflexion profonde. Son message disait :
« Voyez le paradoxe congolais : les apprenants étudient dans des conditions extraordinaires. »
Et si ce message s’expliquait facilement ? Le message « Voyez le paradoxe congolais : les apprenants étudient dans des conditions extraordinaires » veut dire :
« Regardez cette situation étrange en RDC, les élèves vont à l’école dans des conditions très difficiles, alors qu’ils mériteraient mieux. »
Le mot « paradoxe » montre un grand décalage entre ce que l’on attend d’un système éducatif et la réalité vécue par les élèves, un contraste frappant qui révèle un manque d’équilibre, de justice et de considération.
Les apprenants étudient sur des bancs improvisés, sous des toitures fragiles, parfois sans murs, parfois sans matériel, parfois sans sécurité.
Malgré cela, ils persévèrent avec courage, détermination et foi, guidés par des enseignants qui avancent avec le peu qu’ils ont, soutenus uniquement par Allah et par leur propre engagement. L’oubli institutionnel ne devrait pas être la récompense de cette résilience.
Le Congo appartient à tous ; l’éducation aussi. Les écoles islamiques jouent un rôle réel dans la formation des enfants congolais, elles méritent la même attention, les mêmes infrastructures, le même respect que toutes les autres structures conventionnées. L’équité, ce n’est pas donner plus à certains, c’est donner la même chance à tous.
Abdoul Madjid Koyakele

