La situation revient progressivement à la normale ce samedi 24 janvier 2026 à Buleusa, dans le groupement Ikobo, territoire de Walikale, au Nord-Kivu.
Cette évolution intervient après une journée de fortes tensions marquée par une opération militaire menée la veille par les Forces armées de la République démocratique du Congo contre une position des rebelles de l’AFC/M23.
D’après plusieurs témoignages recueillis sur place, l’intervention aurait été menée par voie aérienne, à l’aide d’un drone militaire.
Les explosions, entendues à plusieurs kilomètres à la ronde, ont semé la peur au sein de la population et provoqué une paralysie quasi totale des activités le vendredi.
Le lendemain, un lent retour à la vie quotidienne est observé. Le marché local a rouvert partiellement, certaines échoppes ont repris service et quelques élèves ont regagné les salles de classe, même si le climat reste tendu.
« Nous avons repris nos activités, mais l’inquiétude est toujours là. On reste vigilants », explique une commerçante rencontrée au centre de Buleusa.
Dans les écoles, la reprise est jugée fragile. Les enseignants font état d’un environnement marqué par l’angoisse.
« Les enfants sont présents, mais ils ont peur. Au moindre bruit inhabituel, ils paniquent. Beaucoup de parents hésitent encore », témoigne un instituteur de la localité.
Aucune source officielle n’avait encore communiqué de bilan précis, humain ou matériel, au moment de la rédaction. Toutefois, des notables locaux évoquent d’importants dégâts du côté de la position armée ciblée.
« La base occupée par les rebelles aurait été complètement neutralisée. Une fumée dense était visible durant plusieurs heures », rapporte un habitant.
Malgré cette accalmie apparente, l’environnement sécuritaire demeure instable. Une partie des habitants, qui s’étaient déplacés vers des zones jugées plus sûres ou réfugiés en brousse lors des bombardements, n’a pas encore regagné leurs domiciles.
À Buleusa, la population tente désormais de reprendre ses repères, oscillant entre l’espoir d’un apaisement durable et la crainte persistante d’une reprise des affrontements.
Patrick Malunga Bingi

