Depuis la prise de la ville par les rebelles du M23/AFC le 26 janvier 2025, la capitale du Nord-Kivu vit sous une administration de fait qui bouleverse profondément l’équilibre sécuritaire et humanitaire de l’Est de la République Démocratique du Congo.
Dans ce climat marqué par l’incertitude, les déclarations du ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier J.P. Nduhungirehe.
Lors d’une interview accordée à la journaliste Wendy Bashi de dw, a suscité de nombreuses réactions.
« L’aéroport de Goma est actuellement sous le contrôle des autorités de fait, à savoir l’AFC/M23. Penser qu’on va le rouvrir artificiellement, sans impliquer ceux qui en détiennent le contrôle physique, relève du non-sens », a affirmé le ministre.
Il a ajouté que les bombardements qualifiés de quasi quotidiens sur les positions du M23 rendent impossible toute ouverture humanitaire sans un cessez-le-feu strict.
Selon Kigali, la communauté internationale doit exiger l’arrêt des frappes aériennes avant d’envisager la mise en place de corridors humanitaires.
Ces propos entretiennent une confusion que de nombreux analystes peinent à dissiper.
Le monde a une difficulté réelle à différencier le M23/AFC du Gouvernement rwandais, une situation qui alimente les soupçons de collusion et complique davantage les démarches diplomatiques engagées pour tenter de rétablir la paix dans l’Est du pays.
Sur le terrain, la population de Goma est confrontée à une réalité marquée par la peur, la menace constante des bombardements, les restrictions de mouvement, l’impossibilité d’accéder librement à l’aide humanitaire et la fermeture persistante des infrastructures stratégiques.
Les organisations internationales alertent sur une crise où les civils se retrouvent piégés entre les opérations militaires et les stratégies politiques.
Pour plusieurs observateurs, l’occupation de Goma illustre une forme de guerre où les frontières entre groupes armés et acteurs étatiques deviennent difficiles à distinguer.
L’aéroport de Goma apparaît comme le symbole d’un bras de fer diplomatique et militaire mettant en lumière la nécessité d’une clarification des responsabilités, afin d’éviter que cette zone d’ombre ne serve de prétexte à l’impunité et à la prolongation d’un conflit déjà éprouvant pour les populations civiles.
Abdoul Madjid Koyakele

