Walikale, le 09 novembre 2025, des interrogations grandissent à Walikale autour des résultats du contrôle parlementaire mené auprès de la société minière Alphamin Bisie Mining SA, principal exploitant du gisement d’étain de Bisie, l’un des plus importants d’Afrique centrale.
Une délégation de six députés nationaux, conduite par le député Michel Moto, élu de Walikale, avait effectué du 12 au 18 octobre 2025 une mission d’évaluation.
Celle-ci visait à examiner la mise en œuvre du cahier des charges 2021-2024, la dotation communautaire équivalente à 0,3 % du chiffre d’affaires de la société, ainsi que la répartition des redevances minières destinées au développement du territoire de Walikale.
Selon les informations recueillies par Focus Actualité, le rapport final de cette mission serait encore en cours de finalisation, malgré l’attente grandissante de la population.
« Nous espérons que ce rapport permettra d’éclairer Walikale sur le respect des engagements pris par Alphamin vis-à-vis de la communauté locale »,
a déclaré un membre de la société civile, appelant à une transparence totale dans le processus.
Mais du côté du Bureau d’étude pour le développement de Walikale (BEDW) et d’autres structures locales, on déplore le retard pris dans la publication du document, alors que des rumeurs de corruption commencent à circuler dans la communauté.
Ce silence prolongé alimente les suspicions et met à mal la confiance entre la population et les institutions parlementaires.
Depuis le début de l’exploitation industrielle du site de Bisie en 2018, Alphamin Bisie Mining affirme avoir réalisé plusieurs ouvrages communautaires, notamment dans les secteurs de l’éducation, la santé et les infrastructures locales.
Toutefois, la population juge ces efforts insuffisants au regard des revenus générés par l’exploitation du site.
« Nous attendons avec impatience les conclusions de la mission parlementaire. Ce rapport pourrait marquer un tournant dans la relation entre Alphamin et la population de Walikale », confie un leader communautaire local.
La signature imminente du nouveau cahier des charges 2024-2029 ravive ainsi les espoirs d’une meilleure gestion et d’une réelle implication des communautés locales.
Les acteurs de la société civile appellent à plus de transparence, de redevabilité et de participation citoyenne dans le suivi des projets de développement issus des ressources minières.
Alors que Walikale demeure au cœur de l’exploitation de l’étain congolais, la publication rapide et transparente des conclusions de la mission parlementaire apparaît désormais comme un test de crédibilité pour les autorités congolaises et pour Alphamin Bisie Mining.
Patrick Malunga


