Le Président du Mouvement du 23 Mars (M-23), Bertrand Bisimwa, a récemment déclaré :
« Le M-23 n’est pas soutenu par le Rwanda. C’est de la propagande des dirigeants Congolais visant à salir Paul Kagame et le Rwanda.
Si les RDF soutenaient réellement l’AFC/M-23, il ne leur faudrait qu’un mois pour atteindre Kinshasa. »
Des propos qui ont immédiatement suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique Congolaise, certains dénonçant une provocation ouverte à l’endroit du peuple meurtri de l’Est de la République Démocratique du Congo.
Parmi ces réactions, celle d’un internaute Congolais a particulièrement retenu l’attention par la force de ses mots et la profondeur de son message.
L’internaute, dans une longue publication largement relayée sur la toile, a répondu avec vigueur à cette déclaration qu’il juge insultante envers la mémoire collective congolaise.
Selon lui, le Congo n’a pas perdu la mémoire de ses blessures.
« Le mensonge a des armes, mais la vérité a une mémoire », écrit-il, avant d’interroger ironiquement : « Avant votre première attaque sur le sol Congolais… vous étiez où ? »
Cette interrogation, lourde de sens, met en lumière une vérité que beaucoup préfèrent taire. Avant la résurgence du M-23, avant les villages incendiés et les milliers de déplacés, ces hommes venaient bien de quelque part.
Pour l’auteur de cette réaction, le mensonge ne peut plus masquer les réalités d’une guerre alimentée par des intérêts régionaux et économiques, souvent au détriment du peuple Congolais.
Dans son texte, il accuse les acteurs extérieurs et les profiteurs internes de prolonger le chaos pour exploiter les ressources naturelles du Congo :
Coltan, Or, Cobalt, Cuivre, autant de richesses qui alimentent les industries mondiales mais laissent derrière elles des ruines et des larmes.
Selon lui, « Ce n’est pas une guerre d’ethnies ni de frontières, mais une guerre d’intérêts menée contre un pays assis sur un trésor ».
L’internaute souligne également que le véritable danger du Congo ne vient pas seulement de l’extérieur, mais de l’intérieur : “ Le Rwanda ne gagnera jamais le Congo par la force.
Le seul danger réel pour le Congo, c’est la trahison interne. ” Il appelle les Congolais à faire preuve de conscience et d’unité, rappelant que “ ce n’est pas la faiblesse du Congo qui explique nos blessures, c’est la force de ceux qui se nourrissent de notre division ”.
Pour lui, il est temps que les Congolais se lèvent d’une seule voix, non pas pour la vengeance, mais pour la vérité et la justice. “ Nous ne cherchons pas la guerre, nous cherchons la vérité.
Car la vérité est la première arme d’un peuple qui veut guérir. ” Il conclut son message par un appel vibrant à la dignité nationale : “ Le Congo n’a pas besoin de prouver qu’il existe.
Il a juste besoin de rappeler qu’il ne mourra jamais. Parce que le Congo, c’est plus qu’un pays : c’est une promesse, un héritage et un combat. ”
Cette réponse, devenue virale, illustre la lassitude et la colère d’un peuple qui refuse désormais d’être réduit au silence.
Elle traduit aussi une vérité plus profonde : celle d’un Congo conscient, lucide et déterminé à ne plus laisser son histoire être écrite par d’autres.
Abdoul Madjid Koyakele.

