Présentant ses vœux de Nouvel An à la population du Nord-Ubangi, le professeur ordinaire et recteur de l’Université du Nord-Équateur (UNEQ), Josaphat Ngbelu Moyoko, a profité d’un point de presse tenu ce samedi à Gbadolite pour tirer la sonnette d’alarme sur une situation qu’il juge préoccupante pour l’avenir territorial de la province.
Dans un ton grave et responsable, le recteur de l’UNEQ a exprimé sa vive inquiétude face à la perte progressive de certains villages du territoire de Businga, une réalité qui, selon lui, s’installe dans le silence et l’indifférence, au risque de créer un précédent dangereux pour le Nord-Ubangi.
Pour le professeur Ngbelu, l’autorité provinciale ne saurait se concentrer uniquement sur la ville de Gbadolite. Il plaide pour une gouvernance inclusive, capable d’embrasser l’ensemble de la province, y compris les zones les plus éloignées, afin de préserver l’intégrité territoriale et l’unité des communautés.
C’est dans ce contexte qu’il a tenu à interpeller directement les dirigeants provinciaux sur leur responsabilité vis-à-vis de l’ensemble du territoire.
« Je m’adresse à cette occasion à ceux qui dirigent la population. La province n’est pas seulement la ville de Gbadolite. Je reviens de chez moi, là-bas à Moveda et Bombwa. »
Poursuivant son propos, le recteur de l’UNEQ a révélé une situation qu’il qualifie d’alarmante, évoquant la récupération progressive de certains villages par des provinces voisines.
« Il y a des villages qui sont en train d’être récupérés par des provinces voisines. Je demande au Gouverneur et au président de l’Assemblée provinciale de descendre sur le terrain pour voir ce cas. »
Insistant sur la nécessité d’une unité provinciale forte, le professeur Ngbelu a rappelé que cette cohésion ne peut être réelle que si toutes les communautés se sentent prises en compte par les autorités.
« L’unité des filles et fils du Nord-Ubangi s’exprime dans le fait que tous les coins soient visités et couverts par les autorités. L’unité, c’est l’ensemble de toutes les tribus qui composent la province. »
Josaphat Ngbelu Moyoko, professeur ordinaire à l’Université Pédagogique Nationale (UPN), actuel recteur de l’Université du Nord-Équateur (UNEQ) et président fondateur du centre culturel Kokomedi à Gbadolite, est reconnu pour son engagement constant en faveur du développement et de la stabilité du Nord-Ubangi.
Sa prise de parole traduit une vigilance citoyenne face aux enjeux territoriaux qui touchent directement sa province.
S’arrêtant sur le cas précis du village Moveda, situé dans le territoire de Businga, le professeur a déploré le long silence des autorités locales autour de cette localité.
Il a rappelé qu’au cours de la législature passée, alors que le député Simon Mbedwa Gbalimo présidait l’Assemblée provinciale, celui-ci avait publiquement déclaré, lors d’une plénière, que Moveda constitue un terroir relevant bel et bien de la province du Nord-Ubangi.
À travers cet appel, le professeur Ngbelu exhorte les autorités provinciales à adopter une gouvernance de proximité, fondée sur des descentes régulières sur le terrain, afin de prévenir toute tentative de confusion territoriale susceptible de fragiliser la cohésion et la paix au sein de la province.
Comme à l’accoutumée, Josaphat Ngbelu Moyoko a enfin adressé ses vœux de Nouvel An à l’ensemble de la population du Nord-Ubangi, ainsi qu’aux autorités provinciales, notamment le gouverneur Me Jean-Bosco Kotongo Anfio Bato et le président de l’Assemblée provinciale Achille Kwangbo Guda Kiss, les invitant à faire de l’unité, de la vigilance et de la présence effective de l’État une priorité pour l’année en cours.
Ruben Ndagi

