La suspension du général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), marque un tournant dans la communication militaire congolaise.
La décision a été prise ce lundi 29 décembre 2025 par le chef d’état-major général, selon des sources militaires citées par l’Agence congolaise de presse (ACP).
Cette mesure disciplinaire intervient après des déclarations controversées tenues samedi 28 décembre 2025 sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).
Lors de cette intervention télévisée, l’officier supérieur avait tenu des propos perçus comme discriminatoires à l’égard des femmes de la communauté tutsie, évoquant un prétendu stratagème visant à perpétuer la domination de cette communauté à travers les naissances.
« Le président Félix Tshisekedi a toujours combattu toutes les formes de discrimination des membres de cette communauté congolaise en RDC »,
a rappelé l’ACP dans une publication sur son compte X, soulignant la position constante du chef de l’État en faveur de l’inclusion et de la cohésion nationale.
Les propos du général Ekenge ont rapidement suscité des réactions au-delà des frontières congolaises. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, s’est dit profondément choqué.
« Extrêmement choqué… C’est absolument indigne de la part d’un représentant officiel »,
a-t-il écrit sur X, avant d’ajouter :
« La concorde nationale ne peut se construire que dans un esprit d’inclusion de toutes les communautés ».
Dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires persistantes, notamment dans l’Est du pays, cette suspension est perçue comme un signal fort des autorités congolaises contre les discours susceptibles d’attiser la haine ou la division communautaire.
Elle rappelle également la sensibilité du rôle de porte-parole de l’armée, tenu à un devoir de retenue et de responsabilité dans un environnement politique et sécuritaire fragile.
Abdoul Madjid Koyakele

