Kinshasa, le Vendredi le 26 décembre 2025, un climat inhabituellement tendu s’est installé ces derniers jours au Parlement européen.
Lors de plusieurs échanges publics, des députés ont ouvertement remis en question l’attitude de certaines puissances occidentales face à la crise persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, une région meurtrie par plus de vingt ans de violences armées.
Pour ces élus, le drame congolais ne peut plus être réduit à un simple conflit local ou régional. Ils estiment qu’il s’inscrit dans un enchevêtrement de responsabilités politiques, diplomatiques et économiques, longtemps passées sous silence malgré l’abondance de rapports documentant des violations graves des droits humains.
Les parlementaires rappellent que les violences commises dans l’Est du pays ont fait des millions de victimes, provoqué des déplacements massifs de populations et laissé des régions entières durablement déstabilisées. Une situation connue de la communauté internationale, mais qui n’a, selon eux, jamais suscité de réponse à la hauteur de son ampleur.
« Pendant des années, nous avons fermé les yeux sur ce qui se passait à l’Est de la RDC, alors même que les rapports des Nations unies étaient clairs », a déclaré un député européen lors d’une séance consacrée aux relations Afrique–Union européenne.
Au cœur des débats figure le rôle du Rwanda, régulièrement accusé par Kinshasa et par plusieurs rapports onusiens de soutenir des groupes armés opérant sur le sol congolais.
Une implication que Kigali continue de rejeter. Toutefois, plusieurs élus estiment que le Rwanda n’a pas agi seul, bénéficiant d’une tolérance diplomatique persistante de la part de certains partenaires occidentaux.
« Le problème n’est pas seulement régional, il est aussi international. Des choix politiques ont été faits, parfois par calcul stratégique, parfois pour préserver des intérêts économiques », a souligné une élue membre de la commission des affaires étrangères du Parlement européen.
Les discussions ont également mis en lumière le poids des intérêts économiques liés aux ressources naturelles congolaises. Des multinationales actives dans les secteurs de l’énergie et des minerais stratégiques sont citées dans les débats, accusées d’avoir exercé un lobbying intense pour sécuriser leurs approvisionnements, dans un contexte de grande instabilité.
Selon cette lecture, l’armée congolaise ferait face non seulement à des groupes armés locaux, mais à une guerre indirecte, alimentée par des intérêts extérieurs utilisant des relais régionaux.
Une analyse longtemps marginalisée, mais qui commence à trouver un écho plus large dans certains cercles politiques européens.
« Nous devons avoir le courage de reconnaître que la crise congolaise a aussi été entretenue par des silences, des compromis et des intérêts étrangers », a reconnu un autre parlementaire, appelant à une révision profonde de la politique européenne dans la région des Grands Lacs.
Pour plusieurs observateurs, cette prise de parole marque un tournant symbolique.
Rappelons que cet article est enrichi d’un élément audio dans lequel sont relayées des prises de position clés exprimées au Parlement européen, apportant un éclairage direct sur le débat et les accusations formulées.
Sans effacer les souffrances endurées par les populations de l’Est de la RDC, ce début de remise en question pourrait ouvrir la voie à une approche plus cohérente, fondée sur la responsabilité internationale, la justice et la transparence.
Abdoul Madjid Koyakele

