À Walikale, dans la province du Nord-Kivu, la population a exprimé une vive indignation face à une déclaration attribuée à des ressortissants du territoire vivant à Goma, se présentant comme des notables.
Ces derniers sont accusés d’avoir faussement associé Walikale à une prétendue collusion avec le Rwanda et le mouvement rebelle M23, une affirmation que les habitants qualifient de mensongère et dangereuse.
Dans un communiqué rendu public ce mardi 30 décembre 2025 et lu devant les autorités locales, les forces vives de Walikale ont dénoncé une prise de position qu’elles estiment partisane et assimilable à une trahison. Selon elles, cette sortie médiatique porte atteinte à la mémoire collective d’une population lourdement éprouvée par des décennies de violences armées.
Les signataires rappellent que Walikale figure parmi les territoires les plus touchés par les conflits récurrents dans l’Est de la République démocratique du Congo depuis 1994.
Ils rejettent catégoriquement toute tentative de réécriture de l’histoire visant à présenter la population locale comme complice des groupes armés qu’elle a pourtant combattus et subis.
« La détérioration persistante de la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu est largement imputée aux actions de Kigali et à la complicité de certains Congolais », souligne le communiqué lu devant la population.
Pour les habitants de Walikale, l’instabilité chronique dans la province ne relève pas d’un phénomène isolé, mais s’inscrit dans une dynamique régionale marquée par des ingérences extérieures, soutenues, selon eux, par des relais internes animés par des intérêts personnels et économiques.
« Les propos tenus par ces individus constituent une insulte à l’endroit d’une population qui a payé un lourd tribut en vies humaines et en déplacements forcés », dénoncent les signataires.
Le communiqué met également en garde contre ce qu’il considère comme une tentative de préparation psychologique de l’opinion publique à une nouvelle intrusion armée sur le territoire de Walikale.
Les habitants estiment que ces manœuvres visent principalement la spoliation des terres et l’exploitation illicite des ressources minières de la région.
« Les fils et filles de Walikale n’accepteront jamais que certains compatriotes s’engagent dans la trahison aux côtés des Rwandais, qui demeurent nos véritables ennemis et non des sauveurs », peut-on encore lire dans le document.
La population assimile cette déclaration controversée à d’autres prises de position jugées ambiguës, notamment celles de certains mouvements se réclamant de la société civile, accusés de servir de relais à des agendas occultes visant à diviser la population et à affaiblir le soutien aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux groupes d’autodéfense Wazalendo.
À l’issue d’une marche de soutien organisée le même jour à Walikale, les habitants ont rejeté toute légitimité aux propos des prétendus notables vivant à Goma, estimant qu’ils n’engagent ni la population ni les autorités locales.
Ils ont, en revanche, réaffirmé leur soutien aux FARDC, à la Police nationale congolaise, aux Wazalendo ainsi qu’aux institutions légalement établies de la République démocratique du Congo.
Dans un contexte sécuritaire toujours volatile à l’Est du pays, cette prise de position traduit la volonté de la population de Walikale de se démarquer clairement de toute tentative de manipulation et de réaffirmer son attachement à l’unité nationale et à la défense de l’intégrité territoriale de la RDC.
Patrick Malunga

