Une vive préoccupation gagne les milieux médiatiques et de défense des droits humains à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, après l’enlèvement du journaliste Honneur-David Safari, survenu le samedi 28 décembre 2025 en début de soirée.
Responsable éditorial du média en ligne La Prunelle RDC, Honneur-David Safari aurait été intercepté vers 18h30 alors qu’il circulait dans la ville.
Sa disparition intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu, marqué par la présence et l’influence de la coalition rebelle AFC/M23 dans plusieurs zones de l’est du pays.
Dans une alerte publiée le 30 décembre, le Partenariat pour la Protection Intégrée (PPI) évoque un enlèvement qui serait directement lié aux activités professionnelles du journaliste. L’organisation estime que ses enquêtes et analyses critiques sur la situation dans les territoires sous contrôle rebelle auraient suscité des représailles.
Selon plusieurs sources concordantes, Honneur-David Safari aurait été conduit dans les installations locales de l’Agence nationale de renseignement, désormais connue sous l’appellation Division des Services et du Renseignement (DSR).
Ce centre est régulièrement cité par des organisations de la société civile comme un lieu de détentions jugées arbitraires.
Les informations disponibles indiquent que trois reproches majeurs pèseraient sur le journaliste :
ses publications mettant en cause la communication et l’image de l’AFC/M23 et de ses soutiens, ses reportages donnant la parole à des habitants dénonçant des formes de contrainte exercées par les rebelles, ainsi que ses écrits remettant en question la véracité de certaines annonces de retrait de groupes armés dans la région d’Uvira.
Cet enlèvement relance le débat sur la liberté de la presse et la sécurité des journalistes dans l’est de la République démocratique du Congo, où exercer le métier d’informer reste, pour beaucoup, une activité à haut risque.
Les organisations professionnelles et de défense des droits humains appellent à la clarification urgente de la situation et au respect des droits fondamentaux du journaliste.
Abdoul Madjid Koyakele

