À Kigali, la réaction n’a pas tardé après les propos tenus par Emmanuel Macron au sommet du G20 en Afrique du Sud.
En effet, ce dimanche 23 novembre 2025, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier J. P. Nduhungirehe, a répliqué via son compte X aux déclarations du président français, qui avait accusé « l’absence d’efforts du M23 et de ceux qui détiennent l’aéroport » de Goma, affirmant que la RDC avait rempli « toutes les conditions administratives » pour sa réouverture.
Le chef de la diplomatie rwandaise a d’abord rappelé qu’aucun consensus n’avait émergé lors de la Conférence humanitaire sur la région des Grands Lacs, tenue à Paris le 30 octobre 2025.
Selon lui, les discussions n’avaient nullement abouti à une décision ferme permettant une réouverture immédiate de l’aéroport.
Il sied de signaler que, lors de la clôture de la conférence, Emmanuel Macron lui-même avait indiqué que les modalités d’une éventuelle réouverture seraient négociées à Doha.
Son ministre des Affaires étrangères avait aussi précisé que ce dossier serait examiné dans le cadre des discussions attendues au Qatar. Kigali considère donc que Paris ne fait que réaffirmer ce qui était déjà acté.
Cependant, Olivier Nduhungirehe insiste sur un point central :
la réouverture d’un aéroport contrôlé par un acteur armé ne peut dépendre des seules « conditions administratives » posées par Kinshasa, qui ne détient pas physiquement l’infrastructure.
Selon lui, toute démarche réaliste exige d’impliquer les autorités de fait qui contrôlent la zone.
Le ministre rwandais a également souligné la divergence entre les conditions avancées par la RDC qui exige un contrôle total de la Régie des Voies Aériennes et la vision française, qui prévoit une gestion partagée entre la MONUSCO et l’AFC/M23.
Cette différence, selon Kigali, prouve que le débat reste ouvert.

Par ailleurs, Olivier Nduhungirehe rappelle qu’aucune mesure humanitaire ne peut être crédible sans un respect strict du cessez-le-feu, déjà inscrit dans les engagements de paix.
Il estime que la priorité devrait être l’arrêt des bombardements imputés aux forces gouvernementales congolaises, lesquels viseraient aussi bien les positions de l’AFC/M23 que des villages Banyamulenge.
À ses yeux, ce sont ces violations qui entravent davantage l’accès humanitaire que toute procédure administrative. Il a rappelé que le premier protocole prévu dans le cadre de l’accord-cadre de Doha, signé le 15 novembre 2025, porte précisément sur l’accès humanitaire « sans entrave, sûr et durable ».
Chaque partie est donc appelée à respecter les engagements déjà définis. Rappelons que Kigali dit faire confiance au médiateur qatarien pour mener ces discussions à une issue rapide et effective, estimant que la voie à suivre est déjà clairement balisée.
Abdoul Madjid Koyakele

