Ce vendredi, 16 janvier 2026, la République démocratique du Congo commémore les 25 ans de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, troisième président de la RDC, tué par balles au Palais de Marbre, à Kinshasa, le 16 janvier 2001.
Un quart de siècle après, cet événement demeure l’un des épisodes les plus marquants et les plus sensibles de l’histoire politique contemporaine du pays.
Laurent-Désiré Kabila était arrivé au pouvoir le 17 mai 1997, à la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), mettant fin à plus de trente-deux ans de règne du maréchal Mobutu Sese Seko. Son accession à la magistrature suprême avait suscité un immense espoir au sein d’une population longtemps éprouvée par la dictature, l’effondrement économique et les conflits armés.
Durant son mandat, il s’était engagé dans une politique de restauration de la souveraineté nationale, marquée notamment par une prise de distance progressive avec certains partenaires étrangers.
Cette posture lui valut un soutien populaire dans plusieurs couches de la société, mais également de fortes oppositions, tant internes qu’externes, dans un contexte régional instable dominé par la guerre et les rivalités géopolitiques.
« Laurent-Désiré Kabila restera dans l’histoire comme l’homme qui a mis fin au régime de Mobutu et tenté de redonner au Congo la maîtrise de son destin », estiment plusieurs observateurs politiques, tout en soulignant la complexité de son action et les limites de sa gouvernance.
Le 16 janvier 2001, le pays est plongé dans la stupeur après l’annonce de son assassinat dans son bureau officiel. Les circonstances exactes de ce drame continuent, jusqu’à ce jour, de susciter débats et interrogations, malgré les procédures judiciaires engagées et les différentes versions officielles avancées au fil des années.
Sa disparition brutale ouvre une période de transition délicate, marquée par l’accession au pouvoir de son fils, Joseph Kabila Kabange, quelques jours plus tard. Cette succession, opérée dans un climat de forte tension, avait permis d’éviter un vide institutionnel susceptible d’aggraver la crise sécuritaire et politique que traversait alors le pays.
« Vingt-cinq ans après, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila demeure une plaie ouverte dans la mémoire collective congolaise », soulignent des analystes, rappelant que cet événement a profondément influencé l’évolution politique de la RDC et la configuration de son pouvoir.
Avec le recul du temps, le bilan de Laurent-Désiré Kabila continue de diviser. Pour certains, il incarne la reconquête de la dignité nationale et le refus de la soumission aux influences extérieures.
Pour d’autres, son régime reste associé à un pouvoir centralisé, à des restrictions des libertés publiques et à une gestion marquée par la guerre.
Au-delà des clivages, la date du 16 janvier demeure un moment de recueillement et de réflexion nationale.
Elle rappelle la fragilité des institutions, l’importance de la stabilité politique et la nécessité de tirer les leçons du passé afin de construire un avenir fondé sur la paix, la justice et l’unité nationale.
Abdoul Madjid Koyakele

